• Environ 300 personnes sont venues vendredi 30 septembre au Tribunal de Grande Instance de Privas pour soutenir les 2 Faucheurs Volontaires convoqués suite à l'action destinée à dénoncer la vente des pesticides, notamment des herbicides contenant du glyphosate, et leurs liens avec les OGM, le 19 mars 2016.

    4 éminents témoins étaient cités par notre avocat, Me Guillaume Tumerelle : - Paul Bousquet, médecin (Protection Maternelle et Infantile), membre d'Alerte Médecins Pesticides, - Leïla Jenkins, militante argentine contre les OGM et les pesticides, - Frédéric Jacquemart, biologiste, Président de la FRAPNA Ardèche et ancien membre du Haut Conseil aux Biotechnologies, - Joël Spiroux de Vendômois, médecin, chercheur et Président du Comité de recherche et d’Information Indépendante sur le Génie Génétique (CRIIGEN).

    Les témoins ont donné de nombreuses informations scientifiquement très étayées sur la nocivité de la molécule glyphosate. Ils ont expliqué que la dangerosité des produits vendus (comme le RoundUp) était aggravée de plusieurs centaines à plusieurs milliers de fois par des coformulants, qui ne sont pas ou très peu évalués. Ils ont dénoncé l’incurie de la toxicologie réglementaire, les défaillances des procédures d’évaluations aux niveaux européen et national et les conflits d’intérêt flagrants dans les instances décisionnelles. Ils ont alerté sur l’ampleur des catastrophes sanitaires en cours en Europe et dans les zones géographiques plus touchées encore, comme l’Amérique du Sud. L’impact environnemental et agronomique est également très important : le glyphosate fait par exemple disparaître les phénomènes souterrains naturels de symbiose entre champignons et plantes, qui sont nécessaires à la croissance des cultures. L’industrie cherche ensuite à compenser de façon artificielle et coûteuse ce qu’elle a détruit.

    Les témoins ont manifesté leur solidarité avec les prévenus, en soulignant leur rôle de lanceur d’alerte et la nécessité de toucher les citoyens par des gestes allant au-delà de la simple information : publications, conférences, diffusions de tracts ne suffisent pas ou plus face à l’urgence et à une décision politique captive des lobbies économiques.

    L’audience a duré 3h. Le Président du Tribunal a posé de multiples questions montrant un réel intérêt pour comprendre tant le fond du dossier que l’engagement militant des Faucheur-euse-s.

    Le plaignant, PDG du Bricomarché d’Aubenas, a demandé 500 € de dommages +1 € symbolique et a déclaré qu'il cesserait progressivement de vendre ces produits, dont il n’avait jusqu’alors pas connaissance ou conscience de la dangerosité.

    Les réquisitions du Procureur s’avèrent symboliques : 200 € d'amende avec sursis pour chacun des prévenus, rappelant que pour le Parquet une infraction caractérisée ne doit pas rester impunie, mais reconnaissant la légitimité de l’action.

    La plaidoirie très argumentée de Me Tumerelle s’est conclue notamment par ces demandes, adressées au Juge :

    1/ La remise en cause des procédures d’évaluation en droit français, afin de revenir sur la validité des autorisations de mise sur le marché.

    2/ La remise en cause des évaluations au niveau européen, avec une demande de question préjudicielle à la Cour de Justice de l’Union Européenne.

    Le rendu du jugement est prévu le 4/11/2016.

    Le collectif des Faucheurs Volontaires d'OGM


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  • Soirée info et soutien


     
     
     
     
     
    Soirée de soutien aux faucheurs-euses volontaires

     

    En vue du procès contre le glyphosate, L'Impromptu Théâtre de Jaujac nous offre le 1er août 2016 à Burzet, leur pièce "l'homme semence" à partir de 20h30

    Auparavant, pendant le marché paysan hebdomadaire, à partir de 18h, un stand des faucheurs et faucheuses sera présenté avec des bénévoles pour vous raconter toute l'histoire.
    De la bière à la pression en direct de l'Ale Ouêt (brasserie artisanale de Chirols) vous sera proposée ainsi qu'une petite assiette ardéchoise préparée par Pierrot!
    On vous attend nombreux-ses!

    À demain!

    Soirée info et soutien



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    Communiqué pour soutiens: rejoignez-nous dans la lutte

    Un renouvellement de l'autorisation de cette molécule et de ses adjuvants serait un contresens vis-à-vis d'une politique de santé pérenne.

    Le glyphosate doit être retiré de la vente

    Un renouvellement de l'autorisation de cette molécule et de ses adjuvants serait un contresens vis-à-vis d'une politique de santé pérenne.

    L'agriculture chimique et industrielle résiste mais ne fonctionne pas. C'est elle qui effectivement utilise le plus le fameux RoundUp et ses équivalents, un désherbant total dont la formule complète n'a jamais été testée sur la santé des humains et des animaux… La seule molécule du glyphosate a été classée cancérogène probable par l'Organisation Mondiale de la Santé le 20 mars 2015 (étude du Centre International de Recherche sur le Cancer). Comme le livre du Professeur Séralini l'annonce : nous sommes « TouTEs Cobayes ».

    C'est ainsi qu'une action concertée sur toute la France a eu lieu le 19 mars 2016 dans 35 lieux de vente aux particuliers de désherbants totaux contenant du glyphosate : des Faucheur-euses Volontaires d'OGM ont, pacifiquement, peint des bidons de ce poison à l'intérieur des magasins. Des feuilles d'informations ont été remises au public.'' *cf vidéo Les pesticides on en veut plus! on en peut plus!

    Suite à cette action, à Aubenas, deux magasins ont porté plainte pour dégradation de biens : Bricomarché et Gamm Vert. Deux Faucheurs-euses sont poursuiviEs sur les 12 personnes qui ont participé à l'action, et sont convoquéEs le 30 septembre 2016 à 10h devant le Tribunal de Grande Instance de Privas.

    Il y a quelques jours encore, la Ministre de la Santé, ainsi qu'auparavant la Ministre de l'Ecologie et plusieurs autres personnalités du monde politique affichaient leur souhait de ne pas voir ré-autorisée cette molécule.

    Nous, Faucheuses et Faucheurs ardéchois, maintenons notre revendication, en lien avec tous les Faucheurs et Faucheuses de France : Sortez ces produits des magasins, arrêtons l'empoisonnement généralisé !

    Monsanto et consort organisent la dépendance des paysans. Dans les pays du Sud, ils imposent la monoculture et la déforestation. En France, c'est la qualité médiocre et l'endettement pour payer semences, engrais, pesticides...

    L'agriculture chimique, c'est aussi l'affaiblissement de la biodiversité et l'accaparement du vivant par quelques-uns via les brevets abusifs. Et cela a des conséquences à long terme en matière de santé.

    Tout cela est rendu possible par l'absence de transparence, dans ce domaine : étiquetage déficient, traçabilité insuffisante, données opaques, études incomplètes et maintenant OGM cachés (mutagénèse, cysgénèse...).

    Nous voulons vivre dans un monde équitable où le profit des uns ne repose pas sur le malheur et l'exploitation des autres et la destruction de notre planète.

    Pour nous joindre: faucheursvolontaires07@laposte.net


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  • Une amie de longue date, Christine, vit l'enfer et la résistance en prison depuis près de deux années. Deux années de militantisme anti-carcéral, un engagement qui fait partie de nos idées et idéaux d'une autre société.

    Nous l'avons perdue de vue peu de temps avant sa première incarcération. C'est pourquoi il nous est important de reproduire cet article de Politis sur son combat qui est loin d'être absurde. Pourtant, c'est sa vie qu'elle a mis en jeu dès lors.

    N'hésitons pas à lui écrire encore et encore, à l'aider dans sa résistance et surtout à prendre cause contre des injustices flagrantes et malheureusement pas vraiment assumées de l'univers carcéral, de la punition.

     

    "Christine, un engrenage carcéral

     

    En prison depuis deux ans, cette bergère de 44 ans se rebelle contre l’autorité pénitentiaire, et en paye le prix.

     

    « Avez-vous mordu ce surveillant ? » « Oui. » Dans la salle d’audience du tribunal de Paris, Christine R. se tient droite, cherche à peine ses mots. La quarantaine, solidement bâtie, crinière bouclée en bataille, elle assume ses actes. Elle ne s’excuse pas. Jamais. Elle n’en est pas à son premier procès. Et celui-ci n’est pas si différent des précédents. Face à elle, les juges épluchent les multiples pages de son dossier. Christine n’a pas volé, ni blessé, ni tué. Dans son casier judiciaire, s’alignent les condamnations pour « rébellion, outrage et violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique ». En l’occurrence et le plus souvent, un surveillant de prison.

    Dix-sept condamnations et, depuis deux ans d’incarcération, de multiples sanctions disciplinaires. Tout son dossier crie sa haine de l’institution pénitentiaire, où elle est enfermée depuis le 9 novembre 2012. Le juge hausse les sourcils, se penche en avant. « Qu’est-ce qui vous a menée en prison la première fois ? » Et Christine de répondre : « Les premiers qui m’ont mis les menottes, c’est pas la police, c’est la pénitentiaire. »

    Christine est bergère. Elle aime la montagne et son troupeau, pouvoir se déplacer en toute liberté, voir qui elle veut quand elle le veut. Elle ne goûte guère ceux qui se mettent en travers de sa route. Quand son compagnon est incarcéré, condamné pour une longue peine, elle découvre les contraintes du parloir, la sévérité de l’administration pénitentiaire. En décembre 2004, une altercation avec des surveillants du centre de détention de Valence, pour un parloir promis puis refusé, l’expédie en garde à vue pour la toute première fois. En comparution immédiate, elle écope de quatre mois de prison avec sursis pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique et outrage. Deux charges qui reviendront de façon récurrente dans son dossier.

    Chaque année qui suit ajoute une nouvelle peine à son dossier. Aux incidents de parloir s’ajoutent ceux des manifestations contre le système carcéral, la loi Loppsi 2 ou le puçage des moutons, et des gardes à vue qui s’enchaînent. Jusqu’à l’incident de trop, le 8 novembre 2012. Partie voir son compagnon au parloir, elle passe un portail de sécurité. Celui-ci ne sonne pas, mais les surveillants lui demandent d’enlever sa veste. Une broutille peut-être. Mais, pour Christine, l’ordre résonne comme une manifestation supplémentaire de l’arbitraire d’une institution qu’elle exècre. Elle refuse, arguant que « les familles n’ont pas à se déshabiller sans raison ». Sa résistance l’expédie en garde à vue, puis deux mois en prison pour outrage et rébellion.

    De l’autre côté du parloir

    Les deux mois d’incarcération sont devenus années. Christine n’est pas ressortie. Un à un, les sursis accumulés depuis 2004 sont tombés. Et, en deux ans d’emprisonnement, de multiples altercations avec les surveillants ont allongé sa peine.

    « En envoyant Christine en prison, on l’a enfermée dans un cercle vicieux. » Lorsque Lionel Perrin a rencontré la bergère, il travaillait pour l’Observatoire international des prisons (OIP). Son dossier a un jour échoué sur son bureau : « Christine fait partie de ces gens qui refusent toute autorité arbitraire, quelle que soit la situation. Et on l’a envoyée en prison, où elle croise des uniformes tous les jours. Alors, bien sûr, elle n’a pas cessé de se révolter. »

    Refus de promenade, de séances de sport, fouilles de sac, problèmes de courrier ou remarque déplacée… En prison, les situations de confrontation sont le lot quotidien. Et Christine ne fait pas de compromis : « Les matons disent qu’ils ne font que respecter la loi. J’attends donc une honnêteté sans faille de leur part. Quand j’ai été incarcérée, j’ai lu le code du prisonnier et le code pénal. Je regarde toutes les notes de service affichées en détention. Si tout ça est respecté, je ne fais pas d’histoire. Mais c’est rarement le cas. » « Chaque fois que Christine s’oppose à l’administration pénitentiaire, sa révolte est fondée, confirme Anne Chereul, de l’OIP. Elle n’a pas de vénération particulière pour le droit, mais elle ne supporte pas que cette autorité qui l’enferme au nom de la loi ne respecte pas ses propres règles. Elle retourne donc l’arme légale contre l’institution et la place ainsi en face de ses contradictions. »

    À l’administration pénitentiaire, Christine ne laisse rien passer. Qu’il s’agisse d’un manquement grave à ses droits ou d’une bagatelle, qu’elle soit elle-même concernée ou que l’une de ses codétenues soit visée, elle réagit avec la même ardeur et, en retour, essuie les sanctions. Christine a ainsi passé la moitié de ces deux dernières années en quartier disciplinaire ou à l’isolement, et subi neuf transferts d’établissement. Une à une, elle perd ses remises de peine. Certaines confrontations dérapent. Insultes, affrontements physiques… À deux reprises, des surveillants portent plainte, ajoutant de nouvelles condamnations à sa peine. En deux ans d’emprisonnement, Christine a ainsi accumulé plus d’une année d’incarcération supplémentaire.

    Une spirale dont ses proches craignent qu’elle ne sorte pas. « J’admire ma fille, elle a une force de caractère incroyable et se bat pour ce en quoi elle croit. Mais j’aimerais parfois qu’elle s’éparpille moins dans ses causes. Elle réagit sur tout, et certains détails ne valent peut-être pas le prix à payer », dit sa mère, qui, depuis deux ans, se déplace avec son époux à travers la France pour voir sa fille au parloir. Elle raconte sa peur pour elle, la crainte des entrevues refusées à la dernière minute pour raison de transfert ou de sanction disciplinaire, et l’angoisse d’un engrenage sans fin. « Nous sommes dans un processus infernal où la prison originelle génère de la prison supplémentaire, explique son père. Nous n’approuvons pas toujours les modes d’action de Christine, mais a-t-elle le choix ? »

    Ne pas prendre la couleur des murs

    « Ce qui est difficile à comprendre de l’extérieur, c’est que se battre peut être un moyen de continuer à exister en prison. Refuser de baisser la tête permet de lutter contre la peur de prendre la couleur des murs », souligne Anne Chereul.

    En procès pour avoir mordu un surveillant

    Fin 2013, Christine est convoquée par le chef de la détention du centre pénitentiaire de Réau. Elle s’insurge contre la fermeture d’une « salle de convivialité », seul espace où elle peut passer du temps avec ses codétenues. L’entretien dégénère. Selon le surveillant, qui a porté plainte, Christine a mordu le doigt qu’il agitait sous son nez. Elle ne nie pas, mais précise qu’elle était tenue par trois surveillants, et qu’elle a été ensuite frappée à plusieurs reprises. Lors du procès de cette affaire à Melun, elle est condamnée à un mois de prison ferme et 200 euros de dommages et intérêts. Le parquet fait appel, selon le procureur la peine est trop légère. Il demande un an ferme. Le 26 septembre dernier, l’affaire a été examinée par la cour d’appel de Paris, et la peine commuée en 140h de travaux d’intérêt général. Un arbitrage qui prend le contrepied des précédentes décisions de justice auxquelles Christine a été confrontée, et qui pourrait jouer en sa faveur pour une demande de liberté conditionnelle.

    Lutter contre le système, le dénoncer, Christine en a fait son quotidien. « Oui, je suis une militante anti-carcérale, je le revendique. Et j’essaye, à mon niveau, de transmettre des infos de l’intérieur. » De sa cellule, elle expédie des lettres à ses amis, qui en publient ensuite des extraits sur le web, par le biais de sites libertaires. À ses procès, elle croise des militants inconnus, venus soutenir celle qu’ils considèrent presque comme une égérie. « Dans certains milieux, on me connaît. Ça ne m’amuse pas. On est 68 000 enfermés, je préférerais qu’on soit 68 000 connus. »

    Mais, en prison, la rébellion de Christine rencontre peu d’échos. « J’ai un mode de fonctionnement qui diverge de la norme. Pas mal de matons m’ont dit qu’ils n’avaient jamais vu quelqu’un comme moi. Et mes codétenues, pour la plupart, ne comprennent pas. Quand je m’emporte, il y a des filles qui me disent : “Mais calme-toi ! C’est pas si grave !” Pourquoi je suis la seule que le comportement de la pénitentiaire énerve autant ? »

    Certaines détenues lui répondent qu’autre chose les attend dehors et qu’elles n’ont pas de temps à perdre avec ça. D’autres que l’institution est comme ça, et ne changera malheureusement pas. Et il y a celles qui avalent des cachets pour tenir. Christine, elle, n’en veut pas. « Christine est une forte tête, elle sait rester debout avec dignité et se place sur un pied d’égalité avec les juges et les gardiens. Et ça, la justice et l’administration ne le supportent pas », soupire son avocat.

    Christine est désormais au centre pénitentiaire de Poitiers. Les moutons sont loin. « Elle n’a pas sa place là-bas, insiste Myriam, une amie, bergère elle aussi. Elle n’est pas un danger pour la société. Et plus le temps passe, plus la prison l’enferme dans sa lutte. » « Mais pour sortir, insistait la procureure lors de son dernier procès, il faudrait faire ses preuves, montrer que l’on a compris. » Pour Christine, ça signifierait faire profil bas, se taire, baisser les bras. Se rendre à l’arbitraire d’une institution qu’elle ne supporte pas."


    2 commentaires
  • Pourquoi cette chanson ?

    Catherine Ringer :

    «  J'ai pensé à cette chanson parce qu'elle exprime bien les méthodes fascistes de terrifier les populations, de terrifier les gens, de tuer les têtes pensantes, les humoristes,les artistes, les politiques.

    Faire régner la terreur c'est une méthode qui tient à tous les fascismes, quels qu'ils soient. »

     


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